brand-logo
Featured article background

Publié par Curtis Macé MUSIQUE , Midi/Minuit

Decimo : « Le rap est mort pour moi »

6 févr. 20261mins read

C’est l’heure du grand retour. Après plusieurs années d’attente, Decimo dévoile enfin, ce vendredi 6 février, sa première mixtape, MANA. Plus qu’un simple projet, le rappeur originaire de Mantes-la-Jolie (78) entend se faire un nom sur une scène rap française toujours plus concurrentielle. MANA marque le début d’une nouvelle ère, où tout semble désormais possible pour Decimo.

Midi/Minuit : Peux-tu te présenter à celles et ceux qui ne te connaissent pas ? 

Decimo : Moi, c’est Decimo, rappeur de Mantes-la-Jolie, dans le 78. Je fais du rap et de la trap. Rien de plus.

📸 @who.shoot.you

On échange aujourd’hui, car tu sors la mixtape MANA. Comment tu te sens à quelques jours de la sortie ?

Je suis impatient. J’ai hâte que le projet soit entre les mains du public pour avoir des retours. MANA illustre un changement radical dans ma musique. Ça faisait longtemps que je n’avais rien sorti.

Tu as travaillé sur MANA durant combien de temps ? 

On s’est focus dessus pendant quelques mois. J’avais déjà des titres en stock. Il y en a même un, « Dose », qui date de cinq ans. C’est un morceau spécial pour moi.

Pourquoi MANA est une mixtape et non un album ? Pourtant, elle en a toute l’allure : nombre de titres, feats, cover…

Je ne pouvais pas revenir de ma pause avec un album. On a créé MANA sans thème précis. Un album doit avoir une vraie ligne directrice, une cohérence globale.

Pourquoi MANA comme nom ? 

MANA, c’est l’énergie, le chakra. Il y a aussi la série Mana dans les jeux vidéo. Et c’est aussi mon blaze. En résumé, c’est moi. C’est ma musique. C’est un transfert de ma mentalité d’artiste. C’est autobiographique.

Ton dernier long format remonte à 2019 avec K.E.L.L.O.G.Z Vol. 3. Quant à ton dernier projet, ça date de Symphonia vol.3en 2023. L’année dernière, t’as dévoilé plusieurs singles : « Opening 1 », « Européenne », « Vie Facile », « Smarties », « Wiz », et « DKR ». Pourquoi avoir été aussi discret ces dernières années ? 

L’année 2023 a été marquée par la perte de mon fils. Forcément, j’étais plus concentré sur ma vie personnelle que sur la musique. J’ai dû me recentrer sur moi-même. La passion m’a ensuite ramené vers le rap. Il était temps. Le deuil était fait… sans vraiment l’être totalement.

📸 @who.shoot.you

Avec MANA, on sent que t’as de grandes ambitions et ça s’illustre avec les invités : Guy2Bezbar, Landy, Rounhaa et Zamdane. Comment ces connexions se sont faites ? 

Un pote m’a mis en relation avec Rounhaa. On a commencé le rap à peu près en même temps. Pour Guy2Bezbar et Landy, on s’est rencontrés grâce à DJ Bellek en studio. Pour Guy, c’était un kiff total, il a une belle âme. Pour Zamdane, c’est aussi passé par un ami. Tout s’est fait naturellement. Je les écoute tous, donc c’est un vrai plaisir de les avoir sur MANA.

Decimo aux côtés de Guy2Bezbar. 📸 @who.shoot.you

Justement, quelles sont tes ambitions avec MANA ?

Sans faire le philosophe, ma plus grande ambition est de me dépasser. Je pense m’être amélioré ces dernières années. 

MANA, c’est ta carte de visite pour te présenter au rap français ? 

Totalement. Les K.E.L.L.O.G.Z étaient plus un délire. En plus, les morceaux n’étaient même pas mixés. Les EPs Symphonia étaient mes premiers projets professionnels. MANA est ma première vraie mixtape. Là, c’est du sérieux. 

Sur l’intro, « Sonovo beach », tu démarres fort : « Que le hip-hop repose en paix, vous l’avez murder ici ». Tu peux expliquer la punchline ? 

Sans entrer dans les détails, le rap est mort pour moi. Il se meurt. Beaucoup d’artistes et de médias l’ont tué. On oublie d’où vient cette culture. Certains se disent rappeurs alors qu’ils ne le sont pas. Je suis inquiet pour la suite.

📸 @who.shoot.you

Sur MANA, tu cites souvent ta ville Mantes-la-Jolie. On sent que tu veux être identifié comme un rappeur du 78. Sur « Amerigo », tu précises d’ailleurs que tu n’es pas un parisien, mais un banlieusard. Quel rapport as-tu avec ton département ? 

C’est de là que je viens. J’y ai tout appris, donc c’est normal d’en parler. Il faut juste l’assumer. On n’est pas des Parisiens. On nous appelle les campagnards (rires).

Globalement, l’ambiance de MANA est assez épurée et posée. On sent que t’as voulu mettre ta voix et tes textes au premier plan.

Oui, totalement. C’est la D.A. de la mixtape. Mon rap est plutôt lent pour que les gens me comprennent bien. Je fais exprès de bien articuler. Ce que tu décris, c’est tout simplement mon style. 

📸 @who.shoot.you

Tu kickes bien comme il faut sur le projet, mais tu n’hésites pas à pousser la mélodie sur les refrains comme sur « Promesses » et « Superheros ». Tu voulais montrer l’étendue de ta palette technique sur MANA

Pas forcément. Depuis l’époque des K.E.L.L.O.G.Z, j’aime chanter sur mes refrains. J’ai toujours été plus RnB que rap. Sur MANA, c’est venu naturellement. 

Si tu devais conseiller trois morceaux de MANA, tu choisirais lesquels ? 

L’outro « Mana » pour l’écriture et la prod. C’est mon morceau préféré du projet. Ensuite, l’intro « Sonovo beach » pour son mood. Pour le troisième, c’est compliqué, je les aime tous. Dans les feats, j’affectionne celui avec Landy. J’ai réussi à le faire sortir de sa zone de confort. Au départ, il ne voulait pas. Il est exigeant au niveau des prods. C’était un combat entre moi et lui (rires).

📸 @who.shoot.you

Pourquoi faut-il miser sur Decimo en 2026 ? 

On va proposer du rap que les gens apprécient. Allez streamer Decimo. 

On peut s’attendre à un autre projet dans l’année ? 

On va faire vivre MANA au maximum, mais on n’est pas à l’abri d’un second projet en fin d’année.

Ce serait ton premier album ? 

Ça, je ne sais pas encore (rires). Peut-être.

Merci Decimo. 

Merci à toi.

Journaliste 🎤 : Curtis Macé (@curtismace_)